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Prévision de trésorerie en TPE : la méthode simple

La méthode en 5 étapes pour construire une prévision de trésorerie fiable quand on dirige une TPE, sans être comptable et sans y passer ses dimanches.

5 min de lectureL'équipe Flunea

Votre banque affiche 18 000 €. Bonne nouvelle ? Impossible de le savoir. Tout dépend de ce qui va sortir dans les trois prochaines semaines : la TVA, les salaires, l’échéance du crédit, le fournisseur qui attend son virement. Le solde du jour ne dit rien. Ce qui compte, c’est le solde de la fin du mois — et celui du mois suivant.

C’est exactement ce que fait une prévision de trésorerie. Pas un exercice comptable, pas un document pour la banque : un outil de décision, pour savoir si vous pouvez embaucher, acheter ce véhicule ou accorder un délai de paiement à ce client.

Voici la méthode, en cinq étapes. Comptez une heure la première fois, puis vingt minutes par mois.

Étape 1 — Partir du solde réel, pas du solde comptable

On commence par le seul chiffre incontestable : la somme des soldes de vos comptes bancaires, aujourd’hui. Pas le résultat, pas le chiffre d’affaires, pas la balance : le disponible.

Ajoutez-y, à part, deux informations souvent oubliées :

  • les chèques ou virements émis mais pas encore débités ;
  • votre autorisation de découvert, si vous en avez une, et son coût.

Ce montant de départ sera le « solde de début » de votre première période.

Étape 2 — Choisir une maille et un horizon

La tentation, c’est de prévoir l’année. C’est une erreur classique : plus l’horizon est long, plus la prévision est fausse, et plus on cesse de la mettre à jour.

Pour une TPE, la bonne combinaison est presque toujours la même :

  • maille hebdomadaire sur les 4 à 6 prochaines semaines, là où se jouent les tensions réelles ;
  • maille mensuelle jusqu’à 3 ou 6 mois, pour les décisions structurantes.

Au-delà de 6 mois, vous ne faites plus de la prévision : vous faites du budget. C’est utile, mais ce n’est pas le même outil ni le même rythme.

Étape 3 — Lister les encaissements avec une date, pas un espoir

C’est ici que la plupart des prévisions dérapent. On inscrit le chiffre d’affaires du mois, alors que la trésorerie ne connaît qu’une chose : la date d’arrivée de l’argent.

Reprenez donc vos factures client non réglées, une par une, et posez pour chacune une date d’encaissement réaliste. Pas la date d’échéance théorique : la date à laquelle ce client-là paie habituellement. Si un client à 30 jours vous règle systématiquement à 52 jours, votre prévision doit dire 52 jours. Votre historique bancaire vous donne cette réponse en quelques minutes.

Ajoutez ensuite :

  • les ventes comptant et les encaissements par carte, à partir d’une moyenne des dernières semaines ;
  • les subventions, aides et crédits d’impôt, à leur date de versement annoncée ;
  • les apports et déblocages de prêt déjà signés.

Et rien d’autre. Un devis n’est pas un encaissement. Si vous voulez en tenir compte, mettez-le dans un scénario séparé, pas dans votre prévision de référence.

Étape 4 — Lister les décaissements, y compris ceux qu’on oublie

Les décaissements sont plus faciles à prévoir que les encaissements : ils sont pour l’essentiel connus et réguliers. C’est précisément pour cela qu’il faut les lister exhaustivement, une seule fois, puis les laisser tourner.

Passez en revue :

  • salaires et charges sociales, avec les dates exactes de virement et de prélèvement ;
  • TVA, à sa date de télérèglement, et son montant réel — c’est le premier poste oublié ;
  • impôts : CFE, acompte d’IS, taxe d’apprentissage ;
  • loyer, crédit-bail, échéances de prêt, capital et intérêts ;
  • fournisseurs, avec les conditions de règlement réellement pratiquées ;
  • abonnements et frais fixes : téléphonie, logiciels, assurances, mutuelle, expert-comptable ;
  • ce qui ne revient qu’une ou deux fois par an : prime, régularisation d’assurance, taxe foncière, renouvellement de matériel.

Ce dernier point fait toute la différence entre une prévision qui tient et une prévision qui se plante en octobre.

Étape 5 — Dérouler, regarder le point bas, décider

Pour chaque période, appliquez l’opération la plus simple du monde :

Solde de début + encaissements − décaissements = solde de fin, qui devient le solde de début de la période suivante.

Puis ne regardez pas la moyenne : cherchez le point bas, c’est-à-dire le solde le plus faible sur la période, et la date à laquelle il tombe. C’est le seul chiffre qui décide.

Comparez-le à votre seuil de sécurité — le montant en dessous duquel vous ne voulez jamais descendre. Pour une TPE, un bon repère est un mois de charges fixes.

Trois cas de figure, trois décisions :

  1. Le point bas reste au-dessus du seuil. Vous avez de la marge : c’est le moment d’investir, de recruter ou de négocier un escompte fournisseur.
  2. Le point bas frôle le seuil. Agissez sur le calendrier, pas sur le montant : relancez deux factures, décalez une commande d’une semaine, échelonnez un achat.
  3. Le point bas passe sous zéro. Vous le savez cinq semaines à l’avance, et c’est toute la valeur de l’exercice. Un découvert négocié en avance coûte trois fois moins cher qu’un rejet de prélèvement.

Les trois erreurs qui reviennent le plus souvent

Confondre chiffre d’affaires et encaissement. Une facture émise le 30 juin, payée le 15 août, appartient à la trésorerie d’août. Un mois rentable peut être un mois de tension.

Oublier la TVA. Elle n’est pas une charge, elle transite. Mais elle sort du compte à une date précise, et son montant grossit quand l’activité accélère. Beaucoup de tensions de trésorerie n’ont pas d’autre cause qu’une croissance mal financée.

Mettre à jour tous les six mois. Une prévision est une hypothèse, pas une vérité. Sa valeur vient du rythme : vingt minutes tous les lundis valent mieux qu’une journée entière deux fois par an.

Combien de temps cela prend vraiment

La première construction demande une à deux heures, surtout pour recenser les charges annuelles. Ensuite, la routine tient en trois gestes : rapprocher ce qui est réellement tombé sur le compte, ajuster les dates d’encaissement des factures en cours, relire le point bas.

Le reste est mécanique — et c’est précisément ce qu’un outil doit faire à votre place : récupérer les opérations bancaires, reconnaître les charges récurrentes, tenir les dates à jour et vous alerter avant le point bas, pas après.

C’est ce que nous construisons avec Flunea : une trésorerie prévisionnelle qui se met à jour toute seule, sans tableur à maintenir et sans jargon comptable.

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